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jeudi 28 août 2014

Visite de la Brasserie de Tahiti

VOIR L'ABLBUM PHOTO DE CETTE VISITE
Découverte d’une entreprise importante de la Punaruu

Ce jeudi 28 Aout, les adhérents partent à la découverte de La Brasserie de Tahiti. C'est une entreprise de 400 salariés répartis dans trois zones, celle de la Punaruu pour la production : plus de 200 personnes, celle de l’administration en ville : 80 personnes, celle du stockage et de certaines productions à Arue moins de 100 personnes, ainsi que des dépôts dans les iles. C’est la deuxième entreprise privée du territoire. Elle fête ses 100 ans cette année.
On produit dans la Punaruu de la bière des marques Hinano, Tabu, Heineken, des boissons gazeuses : Coca-Cola, Schweppes, Fanta, Orangina, des jus et de l’eau Premium/ Big One.

Cette entreprise importe toutes les matières premières pour fabriquer des boissons selon les recettes internationales et les normes strictes.  Les boissons sont contrôlées à différentes étapes de la ligne de production par deux laboratoires sur place. Des contrôles sont également réalisés par des laboratoires externes.

Une entreprise éco-friendly
Mais si nous avons choisi d’effectuer cette visite un jour où il n’y avait pas de production, c’est parce qu’il nous intéressait de connaître les raisons pour lesquelles elle s’inscrivait dans un projet de recyclage et de réduction de déchets.
Les raisons sont d’une part économiques et financières - le tri est gagnant et la réduction des coûts de l’eau a permis des économies de 20% en quelques années par ex. – et d’autre part citoyennes en terme d’image, et d’inscription dans une démarche de développement durable, vis-à-vis des autres entreprises, des salariés…

L’entreprise peut postuler pour décrocher la tortue d’or qui est attribuée aux entreprises pilotes du développement durable

Il nous a été expliqué que le tri ne générait pas de coûts supplémentaires parce que dans chaque service le tri était fait en amont dans six poubelles. Les six bacs de couleur étaient tous les jours apportés dans le centre de tri sur place.
De plus la vente de produits ou leur don sur le territoire évitait des surcoûts de recyclage. Il en est ainsi pour l’aluminium, le verre et les bouteilles compactées, le carton, la drèche (réutilisée dans l’élevage).  Cette entreprise a mis en place une économie circulaire permettant aux employés mais aussi aux associations, aux écoles de récupérer à des coûts minimes des bidons, des palettes, des cartons.

Des partenaires depuis six ans
 Tout au long de la visite guidée par Dominique Blot et Lydie Wong nous avons pu poser de nombreuses questions relatives aux politiques de production, en évoquant aussi les difficultés
A l’issue de la visite, nous avons été invités à déguster une bière ou un jus dans le bar agréable de l’entreprise.
Enfin nous avons évoqué l’idées de proposer aux industriels de la Punaruu de devenir « amis de l’association » afin de l’aider à mener ses actions environnementales. Il sera établi avec l’aide de certains adhérents un répertoire adresses afin que ce projet les atteigne et leur fasse envie, un projet gagnant/ gagnant que nous voudrions mettre en place en le proposant à la prochaine assemblée générale de 2015. Puis une rencontre avec M. Fourcade a été demandée afin que l’association présente ses actions, décline les actions de partenariat déjà menées et fasse des propositions de mécénat plus soutenu pour développer ses nouveaux projets.

Un groupe qui partage une expérience
Tous les ans nous organisons des visites. L’an dernier nous avons inauguré ce projet en visitant l’entreprise EDT. Cette année nous nous sommes retrouvés à la criée et à la Brasserie de Tahiti. L’an prochain nous voulons découvrir ensemble l’entreprise Tikitea et nous sommes ouverts à d’autres suggestions. 



samedi 10 mai 2014

La Fête de la tortue à Bora-Bora


VOIR TOUTES LES PHOTOS
de la fête de la tortue
Par Francine, secrétaire de l'association

Comme Cendrillon, le temps d’une journée et d’une nuit, la tâcheronne de service de notre association Tamarii Pointe des Pêcheurs est devenue princesse et bien sûr aussi son ambassadrice.
En effet, ce jeudi 17 avril 2014, invitée par la Diren (Direction de L’Environnement), à faire partie de la délégation honorant de sa présence « la première journée polynésienne de la tortue marine », j’ai fait une escapade à Bora Bora. J’ai accepté cette proposition de dernière minute en avertissant les principaux acteurs de notre association.
Certes, je n’ai pas entièrement passé ce séjour aux frais du pays puisque j’ai payé mon voyage en avion ; mais j’ai quand même bien apprécié l’offre de notre hôte de passer une nuit dans un bungalow sur l’eau équipée d’un plancher de verre éclairé qui permet de voir les poissons du lagon nageant sous le lit, les repas gastronomiques au cours desquels on ne nous a pas servi de tortue et l’ensemble des festivités. Je retiens aussi que notre association a été la seule invitée par La Diren et j’espère avoir été digne de cette distinction.

Cette Fête de la tortue était la première du genre en Polynésie française. L’hôtel Le Méridien de Bora Bora avait de longue date préparé cet événement et le centre écologique dirigé par Edouard Malakai que tout le monde connaît sous le pseudo de Rai orchestrait le public scolaire. Il était aidé par des volontaires comprenant des parents et certains employés de l’hôtel pour recevoir ce jour cent cinquante enfants qui furent les vedettes de l’opération médiatique de sensibilisation.
Plusieurs ateliers leur étaient proposés ; des ateliers créatifs comme celui de la teinture sur tissu qui, à l’occasion, mentionnait l’usage des plantes tinctoriales locales avant la découverte des couleurs chimiques de synthèse  et  l’atelier de dessins puisque les enfants avaient concouru dans l’année pour devenir acteur du logo du centre écologique.

Un atelier de bouturage de coraux, leur découverte dans plusieurs aquariums où nageaient leurs pensionnaires les poissons de toutes sortes, les bénitiers, de nombreux coquillages et les oursins. Le rôle de cet habitat pour la biodiversité lagonaire était expliqué par les animateurs.
Enfin l’aquarium tactile leur permettait de toucher certaines espèces, en particulier les holothuries (ou rori ) et leur enthousiasme se manifestait par des cris de joie.

Mais personne n’avait oublié que c’était ce jour-là, avant tout, la fête de la tortue ! La tortue ou plutôt les tortues puisqu’une dizaine nageaient dans un vaste enclos en relation avec la mer. Elles ont toutes une histoire et un petit nom. Trop jeunes encore pour être relâchées, elles évoluent dans la lagune avec de nombreux poissons. On peut même les admirer derrière une épaisse vitre en descendant quelques marches pour être à la hauteur du bassin. Dans la nurserie-hôpital, un peu à l’écart, dont Julie la biologiste a la charge, se trouvent quelques bébés. Souvent arrivés au centre grâce à la nouvelle conscience des habitants de Bora Bora qui ont sauvé quelques œufs de leurs prédateurs, elles auront, grâce à un régime alimentaire adapté, le droit de rejoindre bientôt leurs aînées dans le bassin.
Mais quatre tortues sentent qu’elles vont connaître aujourd’hui la vraie liberté. Elles battent des nageoires en attendant la cérémonie qui leur est réservée. Elles savent aussi que des officiels venus de Papeete, divers invités et les touristes auront l’honneur d’y participer.
Le ministre de l’écologie et du tourisme représenté par M.Engel Raygadas et la Diren avec Mme Miri Tatarata et M.Claude Seura, accompagné du renfort de deux personnes et moi-même sont venus cautionner l’opération.
Parlons maintenant de l’organisation et des partenaires impliqués. Ce sont les directeurs MM Hervé Dubost-Martin et Ouadjed Boumediene qui ont permis à tout ce monde de passer une journée dont tous se souviendront car ; outre les activités mentionnées, tout le monde a reçu un T-shirt de couleur et la reproduction plastifiée des panneaux présentant les ateliers.
Pendant que les enfants prenaient leur repas, un cocktail bien arrosé et préparé par les chefs ne proposait ni chips ni cacahouètes mais de petits canapés, des brochettes et de petits gâteaux aux saveurs gastronomiques remarquables.
Le maire M. Gaston Tong Sang et plusieurs conseillers municipaux, les représentants des autorités et des autres hôtels de Bora Bora et nous, avons été conviés à choisir la mascotte du centre écologique. L’heureuse lauréate a gagné une belle tortue en peluche et toute sa classe est repartie avec un joli sac bien garni de souvenirs qui feront envie à plus d’un dans leur famille.

Après ce pique-nique, vers 14h, le relâché de tortues a convié tout le monde à se rapprocher du récif. Un chef de cérémonie habillé de plumes rouges a ouvert la séance. Les tortues baguées et bien emballées dans des serviettes humides pour que leur carapace ne se dessèche pas ont attendu que l’équipe responsable les porte dans de grandes bassines vers le bleu, un univers à découvrir pour elles. Elles rejoindront sans doute l’aventureuse Ariti qui a été relâchée par la Diren dans la presqu’île et dont toute la Polynésie suit les péripéties depuis plus d’un an puisque sa balise permet par satellite de voir qu’elle a déjà parcouru plus de 10 000 km.
Ce n’est certes pas la première fois que des tortues sont relâchées en Polynésie. Espérons que cet acte rendra les Polynésiens conscient de leur rôle et de leur devoir envers d’une espèce emblématique qui effectue des migrations aventureuses qui leur font courir depuis leur naissance toutes sortes de dangers et qui mettent plus de vingt ans à devenir adulte pour se reproduire.
La journée de la tortue sera sans doute annuelle et d’autres enfants de l’île pourront à l’avenir être associés à l’événement, mais en attendant, tous les jours, ces tortues sont nourries et protégées au centre écologique. Elles peuvent être admirées par le public, les touristes et de nombreuses classes d’enfants qui viennent découvrir l’existence de ces animaux.

Longue vie à une entreprise éco-friendly de nos îles qui met de grands moyens à la protection de ce reptile en impliquant la population.
MM Gaston Flosse et Jeffry Salmon sont arrivés sur l’île le jour suivant car ils préparaient ces derniers temps des lois spécifiques pour que les tortues, qui ont survécu à toutes sortes de changements climatiques, ne disparaissent pas du paysage mondial. 

jeudi 20 mars 2014

Visite de la criée

Les tamari'i sont matinaux. La preuve ? nous voici réunis à 5h30 au port de pêche, ce jeudi 13 mars, pour visiter la criée de Papeete. Operationnel depuis 1995, le Marche d'Interet Territorial, la "criee", fait partie du port de peche de Papeete et a ete donne en concession à la Societe du Port de Peche de Papeete (S3P). 

Nous entrons dans la salle de stockage (755m2) réfrigérée où sont débarqués tous les poissons de la pêche du jour destinés à être vendus. Les acheteurs déambulent pour inspecter les poissons, nous faisons de même . Pour certains "c'est la première fois que nous voyons un meka et plein d'autres poissons" et comme le disent Sylviane et Jean-Marie "La visite est instructive. Elle nous a permis de mettre un "visage" sur les poissons que nous achetons habituellement en filet". Depuis un an, la criée est informatisée : boitiers, écrans et serveur servent à jouer le rôle de l'offre et de la demande. Pour chaque lot, un prix plancher est défini. Chaque acheteur intéressé appuie sur son boitier. Le prix monte s'il y a plusieurs acheteurs. Lorsqu'il ne reste qu'un acheteur, l'écran indique son nom ainsi que le prix à payer.

Un mareyeur de Tahiti Nui Fish vient, ensuite, nous donner des explications. Les poissons exposés viennent de plusieurs bateaux. L'arrivée de bateaux à la criée est irrégulière et les quantités de poisson varient beaucoup d'un jour à l'autre. Souvent, nous pensons que le poisson d'une criée a été pêché dans la nuit ... ce n'est que très rarement le cas. Il a vraisemblablement été pêché dans les 10, 15 derniers jours mais il reste frais. Le mareyeur nous rassure "le poisson est bien conservé. C'est notre métier de garder le poisson bien frais". De plus, la qualité de la chair du poisson est systématiquement contrôlée avec un prélèvement effectué (voir l'album photo).

Il nous conduit ensuite dans un box de mareyage où les poissons sont découpés en filets ("les employés à la découpe du poisson étaient de véritables virtuoses") pour être livré aux clients (restaurants, traiteurs...) ou partir dans leur propre local traiteur. Voilà qui nous a mis en appétit : cela tombe bien nous pouvons acheter notre poisson sur place ! Comme nous le dit Tilda "c'est toujours un plaisir de ramener son poisson frais de la criée".
Merci à Francine pour l'organisation !

Voir les photos sur l'album Facebook
En savoir plus sur le Marché d'Intérêt Territorial

jeudi 16 mai 2013

La Journée de l'Eau.... vue par Francine


Journée de l’eau à Punaauia

Texte et photos de Francine









Une visite intéressante

Pour la journée de l’eau le 22 mars 2013, la mairie de Punaauia a eu la bonne idée d’organiser une visite du bassin de captage de la Punaruu. Toute l’Ecole Internationale était présente et accompagnée de quelques adultes, l'occasion d’une belle sortie en bus communal.




La visite a été très intéressante et les guides ont bien expliqué leur rôle.



Nous n’avons pas visité le décanteur dont l’accès est interdit.
Il y a encore quelques parties de la rivière qui semblent naturelles mais son lit est souvent dévasté,  boueux,  ou sauvagement bétonné.













Le débit de la rivière en haut était assez important mais en descendant il s’amenuisait.




Une visite qui scandalise le citoyen

Le trajet  nous a fait découvrir toutes sortes d’irrégularités qui avaient été évoquées pendant les journées dites du « livre blanc » en décembre dernier.
Cette zone de non droit est très occupée, et des habitations sont encore aujourd’hui en construction alors que la réglementation PGA ne les y autorise pas : 



- Constructions d’habitation proches de stockage de chlore gazeux,
- Constructions  de particuliers illégales en zone inondable,
- Constructions insalubres sans eau, sans ramassage d’ordures, genre bidonville.

- Ordures qui sont accumulées en bord de route.




- Parc à cochons dont le lisier s’écoule directement dans la rivière.

La route à nu




Plantations




Des industriels sans foi ni loi ?

L'exploitation industrielle nous conduit à plusieurs remarques : 
Stockage de fuel ?
- Usage de l’eau de la rivière sans retour de paiement communal.
- Engins épave en état de rouille.
- Extraction de cailloux sans bassin de décantation.

















- Fermeture de la route qui atteint la rivière.


- Non respect des 9 m autour du cours d’eau: propriété du pays
- Construction industrielle en zone inondable
- Nombreuses industries sans attribution spécifique comportant seulement le nom du propriétaire

Une commune qui est loin d'être exemplaire

Pour ce qui concerne la commune :
- Dépotoir municipal à ciel ouvert avec des fumées dégageant en permanence du CO2.


- Pollution continue des habitants de la vallée et des habitants de la plaine côtière le soir avec la brise de terre : le hupe.
- Restes de canalisation en bord de route.
- Restes de ferrailles divers autour des bâtiments communaux.
- Bateaux en stationnement.
- Bâtiments anciens abandonnés.


La journée de l’eau est une belle cause et les écoles de la commune ont montré tout l’intérêt qu’il faut apporter à la distribution pour tous les foyers d’une eau potable à 100%, mais à quand la journée de la Punaruu ? Pour quand une rivière qui coulera toute l’année jusqu’au lagon pour permettre aux poissons et aux crustacés de poursuivre leur cycle de vie ?

Francine

mercredi 20 mars 2013

Une journée bien remplie : PROE et EdT

Le 20 février dernier, notre association avait un programme chargé, jugez en plutôt :


PROE


Le matin, nous avons reçu des spécialistes de l'environnement venus en Polynésie dans le cadre d'une mission technique du programme régional océanien pour l'environnement (PROE).

Intéressés par nos actions contre les espèces envahissantes qui nuisent à l'équilibre du lagon, nous les avons conduits sur le "terrain", à savoir sur l'eau grâce à la pirogue de l'Association pilotée par notre Président Paul Pere.




Le contact ayant été excellent, cette rencontre devrait conduire sur d'autres échanges. La presse locale était également présente lors de cette sortie.


EDT


Un autre genre de visite nous attendait l'après-midi. En effet, Electricité de Tahiti avait convié nos membres et le Bureau pour une visite de la Centrale de la Punaruu.




Reçus par Vétéa Vitrac, Directeur de la Centrale, et Benoît Tchepidjian, Biologiste pour EdT et membre de notre association, nous avons eu l'occasion de comprendre  le fonctionnement de la Centrale mais aussi celui de la production d'électricité sur Tahiti.



70 personnes travaillent dans la centrale de la Punaruu : environ trente mécaniciens, dix électriciens, vingt agents de conduite et dix laborantins.
Le pilotage de la centrale se fait depuis une salle de contrôle où il y a toujours un agent de conduite (fonctionnement 24h/24 en quarts de 8 heures).
En particulier, cet agent surveille en permanence tout ce qui a trait au risque incendie au moyen de caméras et autres détecteurs.
L’ensemble des agents est d’ailleurs régulièrement formé (une fois par mois) à la conduite à tenir en cas d’incendie. Un exercice officiel a lieu chaque année.
A côté de cette salle de contrôle se trouve la salle du « dispatching », également gérée suivant un principe de quart.
Le rôle de l’agent du « dispatching » (« dispatcheur ») est d’équilibrer les courants électriques entre l’offre et la demande.
La demande, ce sont les clients. L’offre, ce sont les centrales électriques : centrales hydroélectriques, auto-producteurs solaires, centrale de Punaruu & de Vairaatoa.
La priorité est d’écouler les énergies renouvelables : solaire et hydroélectricitéLa centrale de Punaruu est là pour compléter la demande.
Celle de Vairaatoa n’est démarrée qu’en secours (s’il y a un problème sur le réseau électrique qui alimente la zone urbaine, par exemple).
A titre d’exemple, près de 32 % de l’énergie était d’origine renouvelable en 2012, 35 % en 2011 et 39 % en 2010.
Depuis le début de l’année 2013, grâce aux fortes pluies et en vertu du principe de « priorité hydro », 50 % de l’énergie est d’origine renouvelable.
Les auto-producteurs solaires représentent entre 1 et 1,5 % de l’énergie fournie au réseau.
Lors de notre visite, nous avons pu constater en direct que 50 % de la puissance provenait de l’hydro-électricité et 2% des auto-producteurs solaires.
Revenons à l’usine de Punaruu :
La première chose qui saute aux yeux, c’est l’enchevêtrement des tuyauteries… Pour s’y retrouver, un code-couleurs est utilisé.
Les tuyaux bleus contiennent de l’eau, les verts, de l’air, les jaunes, de l’huile, les noirs, des huiles de vidange, les gris, du fioul et les rouges, c’est le réseau incendie !









Les groupes électrogènes sont constitués d’un moteur et d’un alternateur ; il y en a huit : quatre moteurs de 19 000 cv et quatre autres de 22 000 cv.
Il ne fonctionnent pas tous en même temps… D’ailleurs, il y en a toujours un qui est à l’arrêt pour «révision générale », suivant un cycle de maintenance programmée.
Les ouvriers de Punaruu réalisent toute la révision eux-mêmes : cela dure entre 12 et 14 semaines pour démonter et remonter entièrement un moteur.
Ce sont des moteurs diesel «marins» qui fonctionnent au fioul lourd ; on les démarre et on les arrête avec du gazole, mais cela ne représente qu’1% du carburant.
En 2012, 75 000 tonnes de fioul ont été consommés (soit environ 77 millions de litres !).
Le fioul lourd est un résidu, un « produit noir » issu du raffinage du pétrole brut; ça n’est pas comme le gazole ou l’essence qui sont des produits de distillation, dits « nobles » ou « produits blancs ».
Le fioul ne peut pas être consommé directement par les moteurs : il est trop visqueux à température ambiante (un peu comme du miel…) et contient trop d’impuretés.
Aussi il demande un pré-traitement par centrifugation et filtration. Puis il doit être réchauffé afin de devenir suffisamment fluide pour être envoyés dans les moteurs.
Ce réchauffage se fait au moyen d’ « eau surchauffée » produite dans la centrale, par récupération de chaleur au niveau des échappements de chaque moteur.
En outre, le fait de fonctionner avec un tel carburant implique un suivi très pointu des machines, et surtout des déchets liquides qu’elles produisent : les « effluents ».
Ces effluents sont tous dirigés vers un bassin de collecte, qui conduit à un décanteur, puis un déshuileur et des centrifugeuses.
A la fin du traitement, il reste des boues « ultimes » qui sont envoyées à l’étranger pour retraitement.
En 2012, près de 300 m3 de boues ultimes ont ainsi été expédiées en Australie.
A noter que le fioul lourd consommé depuis 2012 contient près de 2% de soufre… Avant, il en contenait moins de 1%.
Ceci explique le panache bleu que l’on observe quand on regarde le fond de vallée depuis la mer (phénomène optique lié au soufre).
Le soufre qui entre dans le moteur est intégralement rejeté dans les gaz d’échappement sous forme d’oxydes de soufre gazeux.
Avec deux fois plus de soufre, ce sont deux fois plus d’oxydes de soufre qui sont envoyés dans l’atmosphère !
Ceci relève d’une décision prise par le Pays…
Enfin, il faut noter que la centrale consomme de l’eau pour refroidir les moteurs.
L’eau n’est pas captée dans la rivière mais puisée dans la nappe phréatique à 20 mètres de profondeur environ.
Deux puits ont été aménagés dans l’enceinte de la centrale et EDT paye une redevance au pays tous les mois en fonction de la quantité consommée.
L’eau est stockée dans deux grandes bâches, puis vient refroidir les moteurs au moyen de tours aéro-réfrigérantes, où elle est en partie vaporisée.
Près de la moitié de l’eau consommée part en vapeur, l’autre moitié est rejetée dans la rivière, après contrôle par un organisme agréé.
Ceci fait l’objet d’un arrêté d’autorisation d’exploiter.
En 2012, 550 000 tonnes d’eau ont été puisées et 200 000 tonnes sont parties en vapeur.
On voit d’ailleurs en permanence de grands panaches de vapeur qui s’échappent des tours…
Francine